About the lot N° 46
Title : EXCEPTIONNELLE STATUE, DOGON, PLATEAU DE BANDIAGARA, MALI, XVE – XVIIE SIÈCLES
Size : haut. 148 cm 58 1/4 inProvenance : Corps : Collection Pierre Vérité, Paris, vers 1950Collection Pierre et Claude Vérité, ParisCollection Jean-François Blondeau, Angers, milieu des années 1980Visage : Acquis à Paris dans les années 1950 par un collectionneur américainCollection privée américaineCollection des Drs. John et Nicole Dintenfass, New York, 2004Le visage et le corps furent réunis à Paris, en septembre 2008, lors de la 7 (e) édition de « Parcours des mondes ».Notes :
Tout en force, la sculpture traduit - à la fois dans la dynamique des lignes et le rendu des détails anatomiques (décrochement des omoplates et de la poitrine, cambrure du dos) - la tension extrême de la pose. A l'élan vertical appelant le regard vers le ciel s'oppose la prégnance du visage étroit aux traits serrés, s'inscrivant avec force dans l'espace. De cet ancrage terrestre relèvent également les scarifications ceignant l'abdomen, et la richesse de la parure identifiant l'homme à son haut rang social. L'archaïsme de la sculpture est mis en valeur par la très belle patine profonde du bois dur, légèrement huileuse sur le visage.Les grandes et anciennes statues d'hommes aux bras levés provenant du plateau rocheux de Bandiagara sont rares. Elles existent notamment en petit nombre dans le corpus restreint des statues identifiées par Hélène Leloup comme Djennenké (Ouest du plateau de Bandiagara, XI (e) ? XV (e) siècles), et plus tard dans celui de Tintam (cf. Leloup, 1994 : n° 101 pour la statue du Metropolitan Museum of Art, NY). Au type s'ajoutent ici différents indices, tels le schéma allongé de la sculpture, le visage au nez fin, yeux proéminents et barbe perpendiculaire, et la coiffure en chignon sommital, permettant de l'apparenter à la statuaire dite Djennenké. C'est dans l'histoire de la diffusion de cette culture qu'il convient donc de replacer cette ?uvre, née de toute évidence des contacts noués à partir du XV (e )siècle entre les Djennenké et les communautés voisines du nord et du centre du plateau. Deux styles majeurs naîtront en particulier de ces contacts : les styles dits Tintam (veine naturaliste, visages pleins et corps musclés) et N'Duléri (associant réalisme et force du style Djennenké avec une souplesse et une élégance caractéristiques). Issue de la confluence de ces différents styles, cette ?uvre - dont nous ne connaissons pasde sculpture strictement comparable - témoigne avec force des rapports d'influences entre les communautés anciennes du plateau de Bandiagara, qui, en s'enrichissant mutuellement, ont produit l'immense richesse de la statuaire Dogon. Le haut rang du personnage est signifié par la parure : séries de bracelets enserrant biceps, avant-bras, poignets et chevilles, et coiffure cheffale en haut chignon émergeant au sommet de la tête. L'?uvre - désormais intègre - s'impose dans le corpus de l'ancienne statuaire Dogon comme la figuration d'un chef implorant les ancêtres, ou encore celle d'un ancêtre, les bras levés, en communion avec l'être suprême. « Rencontre (s) »En Septembre 2008, à Paris, lors de la 7 (e) édition de « Parcours des Mondes », Alex Arthur, directeur de la publication du magazine Tribal Art, s'arrêtait devant une importante statue Dogon présentée dans l'exposition de Jean-François Blondeau - les bras levés, la tension du mouvement étrangement accentuée par le visage absent. L'image d'un fragment que lui avait dévoilé quelques jours plus tôt le collectionneur John Dintenfass s'impose. Il invite les deux hommes à se rencontrer. Le rapprochement est saisissant et sa pertinence vérifiée un mois plus tard par le Dr Marc Ghysels, à Bruxelles. L'étude par scanner à rayons x révèle en effet la parfaite cohérence des cernes de croissance du bois. Les deux fragments, dont le parcours de collection atteste au moins cinquante années passées de part et d'autre de l'Atlantique (collection Pierre Vérité d'un côté / collection privée américaine de l'autre), sont prêts à être à nouveau réunis. L'?uvre retrouve son intégrité et s'inscrit désormais dans le groupe très restreint des grandes et anciennes statues Dogon d'hommes aux bras levés. Elle témoigne également de la rencontre d'hommes ? un galeriste, un collectionneur, un journaliste, un scientifique ? autour d'une passion : celle de l'art africain. A highly important Dogon figure, Bandiagara plateau, Mali, 15th-17th centuryLarge and old figures with raised arms from the Bandiagara plateau are rare. There are a few examples in the small corpus of works which Hélène Leloup has identified as Djennenke (western part of the Bandiagara plateau, 11th-15th centuries) and Tintam (cf. Leloup, 1994: cat. no. 101 for a figure in the Metropolitan Museum of Art, New York). There are several indications here to link this figure to the Djennenke style, such as the elongated form, the fine nose and prominent eyes, the perpendicular beard, and the hair style with its distinctive high bun.In all probability this figure was born out of the diffusion of Djennenke culture from the beginning of the 15th century. The Djenneke's contact with neighbouring peoples from the north and centre of the plateau saw the emergence of two particularly important styles- Tintam, the naturalistic figures of which have flat faces and muscular physiques, and N'Duleri, which combines the realism and power of Djennenke works with a subtle and elegant character of its own.We know of no other work which is directly comparable to this figure, which appears to have emerged from the meeting of different styles on the Bandiagara plateau. As such this figure is an important example of the exchange of influences which occurred amongst the ancient communities of the Dogon plateau. The immense richness of Dogon statuary can be attributed in no small part to the mutual historical exchanges which occurred between these groups.The importance of the figure depicted in this work is evident in the ornaments which adorn his biceps, forearms, wrists and ankles. His rank is also indicated by his chiefly hair-style, with its characteristic high bun atthe top of the head.With its face and body reunited this figure can take its place within the small corpus of ancient Dogon figures as an important representation of a cheif imploring his ancestors, his arms raised in communion with the Supreme Being.EncountersAt the 7th annual Parcours des Mondes in September 2008, Paris, Alex Arthur, the publisher of Tribal Art magazine, stopped in front of a Djennenke figure exhibited by the dealer Jean-Francois Blondeau. The dynamic tension of the figure was strangely accentuated by the absence of a face. Looking at the piece, Arthur quickly recalled a fragment which the collector John Dintenfass had shown to him a few days earlier, and resolved that the collector and dealer should meet.Placed together, the fragments seemed to be two parts of a single figure. This was confirmed in October by Dr Marc Ghysels, with an CT scan revealing a perfect match in the growth rings of the wood. The two fragments, which had each spent at least 50 years on either side of the Atlantic (the figure in the collection of Pierre Vérité, the face in an American private collection) could now finally be reunited.Having recovered its integrity, the figure now forms part of the small corpus of large Dogon figures from the 15 (th) to 17 (th) centuries. The figure is equally a testament to the meeting of a dealer, a collector, a journalist, a scientist around a single passion: African Art.Sotheby's, auctioneer, Paris, FR
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Sale title : African & Oceanic Art
Sale date : 03 Dec 2009
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Sale Reference : Live Sale