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Depuis leur création jusqu’à leur acquisition, les ere ibeji Yoruba sont tour à tour considérés comme le refuge mémoriel d’une ou de deux âmes puis comme des œuvres d’art aux puissantes lignes stylistiques.

Un parcours artistique qui s’appréhende par la matière pour mieux guider le collectionneur.

Envisager la création d’une collection d’art africain ancien est une entreprise aussi prometteuse en réjouissances esthétiques qu’elle l’est en enrichissement intellectuel. Et s’il ne faut pas se décourager face à la multitude d’objets et aux foisonnements des sources, il est néanmoins indispensable de connaître les origines et les pratiques liées aux œuvres que le collectionneur novice se propose d’acheter. L’usage émouvant des statuettes Yoruba est l’une des traditions africaines les plus fameuses ; pourtant, trop peu sont ceux qui s’attachent à considérer les aspects matériels de ces œuvres pour guider leurs choix lors des ventes publics ou en galerie. Il s’agit pourtant de fondamentaux capable d’éclairer une décision d’achat.  

Les enquêtes scientifiques et artistiques des chercheurs et des institutions permettent peu à peu d’identifier, de connaître et de reconnaître les artistes de l’art classique africain. Dans le cas des Yoruba, le choix de l’artiste choisi tient largement à la pratique cultuelle associée aux ere ibeji. Rappelons que ces figures raffinées viennent pallier la mort d’un ou de deux jumeaux dont le culte  domestique singularise le Nigéria et, dans une moindre mesure, le Bénin. L’indispensable rituel qui mène la sculpture depuis l’atelier de l’artiste vers le foyer familial doit permettre d’insuffler une force spirituelle à l’œuvre, désormais capable de réunir les âmes jumelles séparées par la mort.

Sculpture mémorielle ibeji en bois, métal, perles, cauris, fibres et pigment bleu. Culture Yoruba, Nigéria, 1875. Œuvre conservée au Cleveland Museum of Arts, Cleveland, Ohio, USA.

Sculptés à l’identique pour marquer l’unité dans la dualité qu’incarnent symboliquement les jumeaux, les ere ibeji suivent une esthétique schématisée garante de la valeur métaphysique de leur rôle. Leur petite taille permet de les manipuler facilement, de les laver, de les huiler et de les habiller, leur donnant au fil du temps une patine caractéristique. Ordinairement, le bois de l’arbre à caoutchouc est préféré pour ces sculptures : la finesse de son grain, sa dureté et la puissance mystique qui lui est associée en font le matériau idéal pour les ère ibeji.

Ce qu’il faut retenir des ere ibeji

La popularité des ere ibeji a fait s’envoler leurs prix qui atteignent parfois des sommets pour peu que la provenance soit prestigieuse et/ou historiquement solide. Le collectionneur devra être naturellement attentif à ces détails. Et si l’origine de l’objet reste muette, c’est vers sa matérialité qu’il faudra se tourner. La statuette est-elle patinée ? Son aspect est-il lisse et doux ? Est-elle enrichie de perles, de bijoux ou de polychromie ? Est-elle facilement manipulable ? Peut-on identifier l’essence du bois ? Son esthétique se veut-elle naturaliste ou au contraire conceptuelle ?

Ere Ibeji : se faire un œil, approfondir ses connaissances

Pour affirmer votre connaissance des ere ibeji, observez les sculptures exposées au Musée du quai Branly ou bien consultez la médiathèque d’étude et de recherche du même musée. Pour aller plus loin, l’ouvrage de l’universitaire Sylvester Okwunodu Ogbechie, Making History African Collectors and the Canon of African Art est une référence sérieuse et nécessaire aux collectionneurs d’art classique africain. 

Ere Ibeji, sculptures mémorielles de jumeaux. Culture Yoruba, fin XIXe - début XXe siècle. Œuvres conservées au Brooklyn Museum, New-York, USA.
Ere Ibeji, sculptures mémorielles de jumeaux. Culture Yoruba, fin XIXe – début XXe siècle. Œuvres conservées au Brooklyn Museum, New-York, USA.

 

Post Author: AfricartMarket news